Quel est l’avenir des petits producteurs ?

Actuellement, on parle beaucoup de la réduction des inégalités foncières et de l’intensification des engagements financiers en matière de climat, mais qu’en est-il de l’avenir du petit producteur ? Nous ne devons pas oublier l’importance des petits producteurs. Dans le présent, il est urgent d’investir dans la sécurité alimentaire et les petits agriculteurs.

Les défis auxquels sont confrontés les petits producteurs sont nombreux. Ils sont confrontés à un régime foncier incertain, à l’accès aux marchés et au crédit, et à un système alimentaire mondial qui donne la priorité à l’agro-industrie. En plus de ces problèmes, ils manquent d’influence et d’appropriation des systèmes de certification durable. En outre, les grandes entreprises sont devenues plus puissantes et ont un plus grand pouvoir d’achat que les petits producteurs. L’avenir des petits producteurs n’est donc pas très brillant. Cependant, avec le bon plaidoyer, il existe quelques moyens d’y parvenir.

La certification GAP

Pour de nombreux petits agriculteurs, la certification GAP peut constituer un obstacle. C’est pourquoi un groupe a visité Cedarville Farms à Bellingham, WA, une ferme biologique familiale de sept acres, afin d’apprendre ce qu’implique le processus de certification et comment il peut bénéficier à un petit agriculteur. Le groupe a également visité la WSDA, qui promeut la sécurité alimentaire et les programmes biologiques, ainsi que l’initiative locale Farm-to-School.

Le projet pilote du groupe GAP vise à rendre la certification de la sécurité alimentaire plus abordable et plus accessible aux petits agriculteurs en mettant en œuvre un programme de partage des coûts. Grâce à ce programme, les petits producteurs mettent en commun leurs ressources et leurs coûts, et font appel à des auditeurs agréés par l’USDA pour certifier leurs programmes de sécurité alimentaire. Le coût du processus de certification peut aller jusqu’à 2 000 dollars, ce qui peut couvrir les coûts des audits sur site, de la formation à la sécurité alimentaire et des analyses d’eau.

Programme d’amélioration de l’employabilité sur le marché

La création d’un programme d’employabilité pour les petits producteurs est essentielle à leur réussite. L’employabilité est un continuum de compétences, d’expérience et de connaissances nécessaires pour être compétitif sur le marché du travail. Augmenter l’employabilité signifie améliorer les compétences et les connaissances d’une personne et peut être réalisé par le développement personnel, l’éducation, l’expérience professionnelle et la formation. L’employabilité est liée à l’affiliation politique et sociale d’une personne, à son niveau de formation et à son niveau d’instruction.

Un programme réussi devrait être capable d’engager un plus grand nombre de petits producteurs dans le secteur privé et dans l’emploi décent. Les petits producteurs sont souvent confrontés à de multiples défis, ce qui rend difficile de joindre les deux bouts, et ils ont besoin de soutien pour regrouper leurs produits et faciliter leurs entreprises. Le programme Increasing Market Employability (IME) destiné aux petits producteurs de Macédoine a réussi à augmenter la productivité et les revenus des petits agriculteurs. En outre, le programme vise à renforcer l’autonomie des femmes et des groupes vulnérables.

Inégalité des terres

Les petits agriculteurs et les communautés rurales sont confrontés à de nombreux défis, mais l’un des plus urgents est la question de l’inégalité des terres. L’inégalité des terres réduit la productivité agricole, obligeant de nombreuses personnes à quitter la terre. En outre, les monocultures à grande échelle contribuent au changement climatique. Les expulsions, la déforestation et la pression accrue sur les ressources naturelles constituent également des défis pour les pratiques d’utilisation durable des terres. Pourtant, malgré ces défis, les petits producteurs et les communautés rurales prennent de petites mesures pour améliorer leur situation et mettre en place des systèmes alimentaires durables.

Chaînes d’approvisionnement durables

Pour de nombreux petits producteurs, l’idée de créer des chaînes d’approvisionnement durables semble être une tâche décourageante. Si ces initiatives sont de plus en plus populaires, beaucoup hésitent encore à investir le temps et l’argent nécessaires à leur mise en œuvre. Les petites entreprises ne doivent cependant pas avoir peur de cet investissement ; de nouvelles stratégies et de nouveaux modèles commerciaux peuvent faire évoluer cet état d’esprit. Dans une étude récente, Llamasoft et l’Economist Intelligence Unit ont interrogé 250 cadres supérieurs d’entreprises de vente au détail et de fabrication du monde entier. L’enquête a révélé que plus de 90 % des entreprises interrogées avaient mis en œuvre une forme d’initiative environnementale. Beaucoup d’autres prévoient de le faire au cours des cinq prochaines années.

Les entreprises de consommation prennent des mesures pour aider les petits producteurs à devenir plus durables. Elles ont commencé à publier des articles sur les efforts de leurs fournisseurs. L’un de ces récits concerne un constructeur de routes qui a réduit de 40 % la distance de transport et les émissions de carbone et a obtenu un coût total au débarquement inférieur en s’approvisionnant localement. Une autre histoire met en lumière une entreprise de restauration rapide qui a repensé ses emballages afin d’éliminer le reconditionnement tout au long de la chaîne d’approvisionnement, ce qui a permis d’économiser des tonnes de déchets. Et une autre histoire concerne un fabricant de produits électroniques, qui exige de ses fournisseurs qu’ils signent une déclaration de conformité à un code de conduite.